Éco-production audiovisuelle : la nouvelle exigence des grandes entreprises
CSRD, bilan carbone, label Éco-Production : découvrez comment les grandes entreprises réduisent l'empreinte carbone de leurs productions audiovisuelles en 2025 sans sacrifier la qualité.
18 avr. 2026

Éco-production audiovisuelle : la nouvelle exigence des grandes entreprises
Un tournage de long-métrage génère en moyenne entre 500 et 3 000 tonnes de CO2. Une production publicitaire de quelques jours représente plusieurs dizaines de tonnes d'équivalent carbone. Et une production corporate, même modeste, mobilise des équipes, des équipements, des déplacements et des ressources énergétiques dont l'empreinte environnementale est loin d'être négligeable. Dans un contexte où la directive européenne CSRD impose progressivement à toutes les grandes entreprises de mesurer, reporter et réduire l'ensemble de leurs émissions — y compris celles de leur chaîne de valeur —, la production audiovisuelle est en train de devenir un poste carbone sous surveillance. Depuis le 1er janvier 2024, le CNC impose un bilan carbone à toute production bénéficiant de ses aides. En 2025, Carbon'Clap, l'outil de mesure développé par le collectif Ecoprod, a dépassé les 10 000 bilans carbone réalisés, signe d'une prise de conscience rapide et généralisée du secteur. Pour les directions communication des grandes entreprises et des institutions, la question n'est plus de savoir si l'éco-production mérite une place dans leur politique RSE — mais comment la mettre en œuvre concrètement, sans sacrifier la qualité ni l'impact de leurs productions.
Pourquoi la production audiovisuelle est devenue un enjeu RSE pour les grands comptes
Pendant longtemps, l'empreinte environnementale des productions audiovisuelles a été ignorée des bilans carbone des entreprises. Les raisons sont multiples : difficulté de mesure, périmètre de responsabilité flou entre le donneur d'ordre et le prestataire, et culture sectorielle peu habituée aux contraintes de reporting environnemental. Ce temps est révolu.
La CSRD, dont les obligations s'étendent progressivement à l'ensemble des grandes entreprises européennes entre 2024 et 2026, impose un reporting de durabilité couvrant l'ensemble des émissions de scope 1, 2 et 3 — c'est-à-dire non seulement les émissions directes de l'organisation, mais aussi celles de toute sa chaîne de valeur, fournisseurs et prestataires inclus. Les agences de production audiovisuelle font partie de cette chaîne de valeur, et les émissions générées par leurs tournages pour le compte de leurs clients grands comptes entrent dans le périmètre de reporting de ces derniers.
Cette réalité réglementaire crée une pression nouvelle sur les directions communication : elles doivent désormais être en mesure de documenter et de justifier l'empreinte carbone de leurs productions audiovisuelles, au même titre que leurs déplacements professionnels ou leur consommation d'énergie. Les organisations qui anticipent cette exigence en intégrant des critères d'éco-production dans leurs cahiers des charges dès aujourd'hui seront mieux préparées aux obligations de reporting de demain.
Au-delà de la conformité réglementaire, l'éco-production répond à une logique de cohérence de marque de plus en plus scrutée. Une grande entreprise qui communique publiquement sur ses engagements climatiques et ses objectifs de réduction carbone, tout en commandant des productions audiovisuelles sans aucune considération environnementale, s'expose à des accusations de greenwashing crédibles. La cohérence entre les engagements RSE affichés et les pratiques opérationnelles de production est devenue un enjeu de réputation direct pour les directions communication des grandes organisations.
Comprendre l'empreinte carbone d'une production audiovisuelle corporate
Avant de réduire l'empreinte carbone d'une production, il faut la mesurer. Les données publiées par Ecoprod dans son rapport 2024 sur l'impact environnemental de la production audiovisuelle offrent un référentiel précieux pour comprendre la structure des émissions et identifier les priorités d'action.
La répartition moyenne des émissions par poste, tous genres confondus, révèle une hiérarchie claire. Le transport est le premier poste d'émission, représentant 27,5 % de l'impact carbone total d'une production. Il est suivi par les achats de biens — décors, costumes, fournitures — qui représentent 25 % des émissions, puis par l'alimentation des équipes (11 %), l'immobilisation du matériel (9 %) et l'énergie (8 %). Ces chiffres, calculés sur la base des 10 000 bilans carbone réalisés via Carbon'Clap, sont particulièrement instructifs : ils montrent que les leviers d'action les plus efficaces ne sont pas nécessairement là où on les attend.
Le transport est ainsi le poste à adresser en priorité — et au sein du transport, l'avion représente 40 % des impacts du poste transport. Pour les productions corporate qui mobilisent des équipes et des intervenants sur plusieurs sites, parfois internationaux, cette donnée est un signal d'alerte fort. L'alimentation est le deuxième levier sous-exploité : les repas à base de viande rouge sont responsables de 55 % des impacts du poste alimentation, alors que les repas végétariens, qui représentent déjà 24 % des repas sur les tournages, ne pèsent que 5 % de l'empreinte carbone alimentaire totale.
Pour les productions audiovisuelles corporate — films institutionnels, vidéos de formation, motion design, podcasts vidéo — la structure des émissions est généralement moins lourde que pour les productions cinématographiques ou télévisuelles, mais elle reste significative dès lors que les tournages impliquent des déplacements importants, des équipes nombreuses ou des décors construits. Une production corporate de 2 à 3 jours de tournage peut générer entre 5 et 30 tonnes de CO2 équivalent selon son périmètre géographique et le nombre de personnes mobilisées.
Le cadre réglementaire et les outils de référence de l'éco-production en France
La France est l'un des pays les plus avancés au monde en matière de structuration réglementaire et professionnelle de l'éco-production audiovisuelle. Les grandes entreprises qui commandent des productions en France bénéficient d'un écosystème d'outils et de référentiels particulièrement développé.
Le bilan carbone obligatoire CNC
Depuis le 1er janvier 2024, le Centre national du cinéma et de l'image animée impose à toutes les productions bénéficiant de ses aides financières de réaliser un bilan carbone de leur production. Cet outil de mesure — Carbon'Clap, développé par Ecoprod — permet de calculer l'empreinte carbone complète d'une production en intégrant l'ensemble des postes d'émission : transport, énergie, alimentation, achats, hébergement. Si cette obligation concerne en premier lieu les productions aidées par le CNC, elle a eu un effet d'entraînement significatif sur l'ensemble du secteur, y compris les productions corporate.
Le référentiel AFNOR Spec 2038
En mai 2024, le CNC et la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) du ministère de la Culture, assistés par l'AFNOR, ont publié un référentiel national de production durable et responsable. L'AFNOR Spec 2038 Production Durable et Responsable propose aux sociétés de production des actions concrètes pour intégrer les enjeux RSE dans leurs productions — environnementaux (carbone, énergie, déchets, biodiversité), sociaux (inclusion, parité, formation) et économiques (achats responsables, économie circulaire). Ce référentiel est la base documentaire de référence pour les grandes entreprises qui souhaitent intégrer des critères d'éco-production dans leurs cahiers des charges.
Le Label Ecoprod
Le Label Ecoprod est la certification de référence pour les productions audiovisuelles engagées dans une démarche d'éco-production structurée. Il atteste que la production a mis en place un ensemble de pratiques bas-carbone documentées et vérifiées, couvrant les principaux postes d'émission. Pour les grandes entreprises qui commandent des productions audiovisuelles, exiger que leurs prestataires soient labellisés Ecoprod ou engagés dans la démarche est un levier simple et crédible pour réduire l'empreinte carbone de leurs productions et documenter cet engagement dans leur reporting RSE.
Carbon'Clap : l'outil de mesure sectoriel
Carbon'Clap est l'outil de calcul d'empreinte carbone spécifiquement développé pour les productions audiovisuelles par le collectif Ecoprod. Il intègre des facteurs d'émission adaptés aux spécificités du secteur — types de véhicules utilisés sur les tournages, consommation énergétique des équipements de production, alimentation des équipes — et génère un bilan carbone détaillé par poste d'émission. Son dépassement des 10 000 bilans carbone en 2024 témoigne de son adoption rapide par le secteur. Pour les directions communication des grandes entreprises, Carbon'Clap est l'outil qui permet d'obtenir des données comparables d'une production à l'autre et de suivre la trajectoire de réduction carbone de leur portefeuille de productions dans le temps.
Les pratiques d'éco-production concrètes pour les productions corporate
L'éco-production n'est pas une contrainte abstraite : c'est un ensemble de décisions opérationnelles concrètes, prises à chaque étape de la production, qui réduisent collectivement l'empreinte carbone sans compromettre la qualité du résultat final. Voici les leviers les plus efficaces pour les productions audiovisuelles corporate.
Optimiser les déplacements et privilégier la proximité géographique
Le transport étant le premier poste d'émission, c'est là que les gains potentiels sont les plus importants. Plusieurs décisions structurelles permettent de réduire significativement l'empreinte transport d'une production corporate. Privilégier des prestataires locaux — agence de production, équipes techniques, locationnel de matériel — réduit les distances parcourues par les équipes et le matériel. Regrouper les jours de tournage sur des blocs consécutifs plutôt que des sessions dispersées réduit le nombre de déplacements aller-retour. Choisir des lieux de tournage accessibles en transports en commun ou facilement atteignables depuis les sites existants de l'organisation réduit le recours aux véhicules individuels. Pour les productions qui nécessitent des tournages dans plusieurs villes ou pays, le recours au train plutôt qu'à l'avion pour les déplacements inférieurs à 4 heures de trajet est l'une des mesures les plus impactantes — rappelons que l'avion représente 40 % des émissions du poste transport.
Optimiser la gestion de l'énergie sur le tournage
L'énergie représente 8 % de l'empreinte carbone moyenne d'une production, mais ce poste est particulièrement variable selon les équipements utilisés et les sources d'énergie disponibles. Les pratiques bas-carbone incluent le recours à des groupes électrogènes alimentés aux biocarburants ou à des batteries de stockage d'énergie renouvelable en lieu et place des groupes diesel traditionnels, l'utilisation d'éclairages LED qui consomment jusqu'à 80 % moins d'énergie que les éclairages tungstène traditionnels, et la connexion au réseau électrique du bâtiment plutôt qu'à des sources autonomes chaque fois que cela est possible.
Adopter une politique d'achats responsables
Les achats de biens représentent 25 % de l'empreinte carbone d'une production. Pour les productions corporate, qui impliquent souvent des achats de décors, de costumes ou d'accessoires, une politique d'achats responsables peut réduire significativement ce poste. Les pratiques concrètes incluent la location plutôt que l'achat de décors et de props, le recours à des fournisseurs de matériaux recyclés ou reconditionnés, la réduction au strict nécessaire des achats de consommables à usage unique, et la mise en place d'un protocole de réemploi ou de don des matériaux achetés à l'issue du tournage.
Transformer l'alimentation des équipes
L'alimentation représente 11 % de l'empreinte carbone d'une production, avec une concentration très forte sur les repas à base de viande rouge (55 % de l'impact du poste alimentation). Proposer des options végétariennes et végétaliennes comme option par défaut plutôt qu'en alternative, s'approvisionner auprès de producteurs locaux et de saison, et réduire le gaspillage alimentaire par une planification rigoureuse des repas sont des mesures simples et peu coûteuses qui génèrent un impact carbone significatif.
Intégrer le motion design et l'animation comme alternatives bas-carbone
C'est l'un des leviers d'éco-production les plus puissants et les moins souvent mentionnés : le motion design et l'animation sont structurellement moins carbonés que la prise de vue réelle. Ils ne nécessitent pas de déplacements d'équipes, pas de location de lieux de tournage, pas d'éclairage énergivore, pas de décors construits. Pour les productions corporate qui peuvent atteindre leurs objectifs de communication avec des formats animés plutôt que filmés — vidéos explicatives, présentations de données, contenus de formation — le choix du motion design est à la fois une décision créative et une décision environnementale cohérente. Les grandes entreprises qui intègrent cette dimension dans leur stratégie de production réduisent mécaniquement l'empreinte carbone de leur portefeuille audiovisuel.
Intégrer l'éco-production dans les cahiers des charges : le guide pratique
Pour les directions communication et les chefs de projet des grandes entreprises qui commandent des productions audiovisuelles, l'intégration de critères d'éco-production dans les cahiers des charges est le levier le plus direct et le plus efficace pour réduire l'empreinte carbone de leur portefeuille de productions.
Cette intégration peut prendre plusieurs formes, selon le niveau d'exigence et de maturité de l'organisation sur le sujet. Le niveau d'entrée consiste à exiger un bilan carbone de la production réalisé via Carbon'Clap ou un outil équivalent, et fourni par le prestataire à l'issue de la production. Ce bilan permet de mesurer l'empreinte réelle de chaque projet et de construire une base de données comparative dans le temps.
Le niveau intermédiaire consiste à intégrer des critères d'éco-production dans la grille d'évaluation des prestataires, au même titre que les critères de qualité créative et de compétitivité tarifaire. Ces critères peuvent inclure : la certification ou l'engagement dans la démarche Label Ecoprod, la politique de déplacement bas-carbone de l'agence, la disponibilité d'équipements éco-responsables (éclairages LED, batteries de stockage), et la mise en place d'un coordinateur d'éco-production sur les projets.
Le niveau avancé consiste à définir des objectifs de réduction carbone annuels pour le portefeuille de productions, à les inclure dans les objectifs RSE de la direction communication et à les reporter dans le cadre du reporting CSRD de l'organisation. Cette approche, adoptée par les directions communication les plus avancées sur le sujet, transforme l'éco-production d'une démarche ponctuelle en politique structurelle de long terme.
Éco-production et qualité : les faux arbitrages à déconstruire
La résistance la plus fréquente à l'intégration de critères d'éco-production dans les productions corporate est la crainte d'un compromis sur la qualité. Cette crainte repose sur une confusion entre deux logiques très différentes : la réduction de l'empreinte carbone d'une production et la réduction de son budget ou de son niveau d'ambition créative.
Réduire l'empreinte carbone d'une production ne signifie pas réduire sa qualité. Utiliser des éclairages LED plutôt que tungstène n'impacte pas la qualité de l'image — c'est même souvent l'inverse, les LED modernes offrant des possibilités créatives supplémentaires. Privilégier un prestataire local de qualité plutôt qu'une équipe venue d'une autre ville n'implique pas un sacrifice sur le niveau technique. Proposer un menu végétarien de qualité aux équipes ne dégrade pas les conditions de tournage. La grande majorité des pratiques d'éco-production sont neutres ou positives sur la qualité de la production — elles impactent les habitudes de travail, pas le résultat à l'écran.
Il existe certes des cas où les contraintes d'éco-production créent de véritables arbitrages — notamment lorsque le concept créatif initial implique des déplacements importants, des décors élaborés ou des équipements très énergivores. Dans ces situations, le dialogue entre la direction communication et l'agence de production doit permettre d'explorer des alternatives créatives équivalentes à empreinte réduite, plutôt que de simplement appliquer des contraintes qui dégradent le résultat final.
« L'éco-production n'est pas une contrainte imposée à la créativité. C'est une discipline qui oblige à être plus ingénieux — et souvent, plus efficace. »
Valoriser l'éco-production dans la communication RSE de l'organisation
L'engagement dans une démarche d'éco-production audiovisuelle n'est pas seulement une obligation réglementaire ou une exigence éthique : c'est aussi un actif de communication RSE que les grandes organisations ont tout intérêt à valoriser auprès de leurs parties prenantes.
Pour les directions communication, la démarche d'éco-production peut être intégrée dans plusieurs registres de communication. Dans le reporting CSRD, les données de bilan carbone des productions audiovisuelles contribuent à la documentation des émissions de scope 3 et témoignent du sérieux de l'approche de réduction des émissions indirectes. Dans les communications RSE externes, la mention de pratiques d'éco-production concrètes — partenariat avec des prestataires labellisés, objectifs de réduction carbone sur le portefeuille de productions, bilan annuel des émissions évitées — renforce la crédibilité des engagements climatiques de l'organisation. Dans les appels d'offres et les relations fournisseurs, les critères d'éco-production intégrés aux cahiers des charges signalent aux prestataires et aux partenaires que l'organisation prend ses engagements RSE au sérieux jusqu'au niveau opérationnel.
Une précaution s'impose cependant : la valorisation de la démarche d'éco-production doit être rigoureusement documentée et proportionnée aux actions réellement mises en œuvre. Dans un contexte de vigilance accrue sur le greenwashing — renforcée par la directive européenne Green Claims adoptée en 2024 — toute communication sur des engagements environnementaux non étayés par des données vérifiables expose l'organisation à des risques de réputation et de conformité significatifs.
FAQ — Éco-production audiovisuelle : vos questions clés
La démarche d'éco-production s'applique-t-elle aux productions corporate ou seulement aux productions cinéma et TV ?
L'éco-production s'applique à l'ensemble des productions audiovisuelles, quelle que soit leur nature. Si les outils et les référentiels ont été initialement développés pour les productions cinéma et TV — qui génèrent les empreintes carbone les plus importantes — ils sont tout à fait applicables aux productions corporate. Carbon'Clap est utilisé par des productions de toutes tailles et de tous genres. Le référentiel AFNOR Spec 2038 et le Label Ecoprod concernent explicitement les productions publicitaires et corporate, pas seulement le cinéma et l'audiovisuel de flux. Pour les grandes entreprises, toute production impliquant des jours de tournage, des déplacements d'équipes et des achats de matériaux est concernée par la démarche.
Comment intégrer des critères d'éco-production dans un cahier des charges sans alourdir le processus de sélection des prestataires ?
L'intégration de critères d'éco-production dans un cahier des charges n'implique pas nécessairement une complexification du processus de sélection. Quelques questions simples, ajoutées au brief standard, permettent d'évaluer rapidement le niveau de maturité d'un prestataire sur le sujet : dispose-t-il d'une politique d'éco-production formalisée ? Utilise-t-il Carbon'Clap ou un outil équivalent pour mesurer l'empreinte carbone de ses productions ? Peut-il fournir un bilan carbone à l'issue de la production ? Est-il engagé dans la démarche Label Ecoprod ? Ces questions ne rallongent pas significativement le processus de sélection et permettent d'identifier rapidement les prestataires véritablement engagés.
Le recours au motion design plutôt qu'à la prise de vue réelle est-il toujours une alternative crédible sur le plan créatif ?
Le motion design est une alternative crédible — et souvent supérieure sur le plan créatif — pour un large spectre de productions corporate : vidéos explicatives, formations, présentations de données, contenus de communication interne, modules e-learning. Il n'est pas adapté aux productions qui nécessitent une incarnation humaine forte — témoignages collaborateurs, marque employeur, interview de dirigeants — ni aux formats qui tirent leur force de l'authenticité du réel filmé. La décision de recourir au motion design plutôt qu'à la prise de vue réelle doit être guidée par les objectifs de communication, pas uniquement par les considérations environnementales — mais lorsque les deux formats sont équivalents sur le plan créatif, l'argument environnemental est un argument de décision légitime et documenté.
Comment mesurer la réduction carbone effective obtenue grâce à des pratiques d'éco-production ?
La mesure de la réduction carbone effective nécessite deux données comparables : l'empreinte carbone de la production avec les pratiques d'éco-production mises en œuvre, et une empreinte de référence calculée à partir des mêmes paramètres sans ces pratiques. Carbon'Clap permet de réaliser ces simulations en ajustant les paramètres de transport, d'alimentation et d'énergie. Pour les organisations qui souhaitent suivre leur trajectoire de réduction dans le temps, la création d'une base de données interne des bilans carbone de chaque production — alimentée à l'issue de chaque projet — est la méthode la plus rigoureuse et la plus utile pour le reporting CSRD.
Les pratiques d'éco-production ont-elles un impact sur les délais et les budgets de production ?
Dans la grande majorité des cas, les pratiques d'éco-production sont neutres sur les budgets et les délais — voire génèrent des économies. La réduction des déplacements réduit les coûts de transport et d'hébergement. Le regroupement des jours de tournage réduit les frais de location de matériel. L'utilisation d'éclairages LED réduit la consommation énergétique. Il existe des cas où des investissements spécifiques sont nécessaires — location d'équipements bas-carbone, recours à un coordinateur d'éco-production dédié — mais ces coûts additionnels sont généralement marginaux par rapport au budget total de production et largement compensés par les économies réalisées sur les postes transport et énergie.
Conclusion : faites de l'éco-production un standard — pas une exception
En 2025, l'éco-production audiovisuelle n'est plus une démarche pionnière réservée aux organisations les plus militantes sur les enjeux climatiques. C'est une pratique en voie de normalisation rapide, portée par des obligations réglementaires croissantes, des outils de mesure accessibles et une prise de conscience sectorielle documentée par plus de 10 000 bilans carbone réalisés en France. Pour les grandes entreprises et les institutions, l'intégration de critères d'éco-production dans leur politique de communication audiovisuelle est à la fois une exigence de cohérence RSE, une anticipation des obligations CSRD et un signal fort adressé à leurs parties prenantes sur la sincérité de leurs engagements climatiques.
La démarche ne requiert pas une révolution des pratiques — elle requiert une intégration méthodique de critères environnementaux à chaque étape de la chaîne de production, du brief au bilan post-production. Pantome accompagne les grandes entreprises et les institutions dans la mise en œuvre de démarches d'éco-production audiovisuelle, en combinant expertise technique, maîtrise des outils de mesure sectoriels et engagement sincère pour une production plus responsable — sans compromis sur la qualité créative et l'impact de communication.
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