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Town hall d'entreprise : Teams ouvre la porte aux régies SRT

Microsoft Teams accepte les flux SRT avec secours automatique dans les town halls. Rôles IT et communication, prérequis et déroulé type d'un direct produit.

19 juillet 2026
Régie de captation multicaméra pendant un town hall diffusé dans Microsoft Teams devant une salle de collaborateurs

Microsoft ajoute l’entrée SRT aux town halls, webinaires et réunions Teams : une régie externe peut désormais envoyer un flux principal et un flux de secours, avec bascule automatique si le premier tombe. L’annonce, détaillée par le blog spécialisé Topedia, paraît technique. Elle change pourtant la manière de produire les grands rendez-vous internes : on peut brancher une vraie régie multicaméra, un habillage, des sous-titres et de l’interprétation dans l’outil que tous les employés ont déjà sur leur poste, avec une fiabilité proche de la télévision.

Ce que Microsoft change dans les town halls Teams

Jusqu’ici, pour injecter une production externe dans Microsoft Teams, il fallait passer par le RTMP, un protocole ancien et sensible aux pertes de paquets. Le RTMP reste disponible. Le SRT (Secure Reliable Transport) s’y ajoute, avec deux fonctionnalités qui intéressent directement les directions de la communication interne :

  • un flux principal et un flux de secours, chacun envoyé par son propre encodeur ou sa propre connexion ;
  • une bascule automatique vers le secours si le flux principal se coupe en cours de direct.

Côté technique, le flux entrant doit être encodé en H.264 ou H.265, jusqu’en 1080p, à au moins 29,97 images par seconde. La fonction est désactivée par défaut : l’administrateur l’active par PowerShell, via le paramètre AllowedStreamingMediaInput de la stratégie de réunion, car le réglage n’est pas encore proposé dans le centre d’administration. Le déploiement, prévu à partir de juillet, se fait progressivement : vérifiez sa disponibilité dans votre environnement avant de bâtir un projet dessus.

Pourquoi le SRT change la donne pour un town hall meeting

Le SRT a été conçu pour transporter de la vidéo de haute qualité sur l’internet public. Il corrige les pertes de paquets, supporte le chiffrement et tient une latence faible. C’est déjà le protocole de nombreuses régies de captation pour relier un lieu à un studio ou à une plateforme de diffusion.

Le vrai gain est le secours. Un town hall meeting réunit parfois l’ensemble des collaborateurs d’un groupe, en France et dans le monde, autour d’un message que personne ne doit manquer. Avec deux encodeurs sur deux connexions distinctes (la fibre du site et un lien cellulaire, par exemple), une coupure ne fait plus tomber le direct : un événement produit avec deux flux ne dépend plus d’une seule ligne. C’est la différence entre un incident invisible et un écran noir devant des milliers d’employés.

Le town hall, de la réunion publique au direct vidéo

Le terme vient des États-Unis, où la réunion publique se tenait à la mairie : les élus y rendaient des comptes aux habitants. En entreprise, le town hall offre un moment d’échange où la direction s’adresse directement à tous : les dirigeants présentent les résultats, expliquent des décisions importantes ou un changement de direction, puis répondent. C’est aussi une occasion de faire vivre la culture d’entreprise, en donnant la parole à des équipes qu’on entend rarement.

Son objectif principal n’est pas d’informer (un mail suffirait), mais de créer de la confiance. D’où l’importance de la session de questions-réponses : les employés doivent pouvoir poser des questions en direct, et voir qu’on y répond. Dans Teams, les participants d’un événement pour grand public n’activent ni micro ni caméra : l’échange passe par l’outil de questions-réponses, qu’il faut animer.

Ce qu’une vraie régie apporte dans Microsoft Teams

Produire un town hall depuis une webcam posée sur un pupitre reste possible. Mais la perception n’est pas la même. Grâce à une régie branchée sur Microsoft Teams, une équipe de captation peut ajouter :

  • plusieurs caméras : plan large de la salle, plans serrés des intervenants, réactions du public ;
  • un habillage aux couleurs de l’entreprise : titres, noms et fonctions, transitions, compte à rebours ;
  • des contenus insérés : vidéo de témoignage d’une équipe terrain, reportage sur un site, présentation des chiffres en motion design ;
  • des tables rondes filmées proprement, avec un micro par intervenant ;
  • des sous-titres et de l’interprétation, pour les salariés sourds ou malentendants et les filiales à l’étranger.

C’est aussi la bonne solution pour un format hybride : une salle pleine au siège, à Paris ou ailleurs, et des milliers de personnes à distance qui suivent la même diffusion en direct. Sur l’accessibilité, notre article consacré au sous-titrage des vidéos B2B détaille les options.

Prise en charge : qui fait quoi entre IT, communication et prestataire

Organiser une réunion de ce niveau ne s’improvise pas : la réussite des événements en direct à fort enjeu tient à une répartition claire des rôles. Une prise en charge floue est la première source d’incident.

La DSI

Elle active l’entrée SRT dans la politique Teams, ouvre les flux réseau nécessaires (le port et le domaine d’ingestion indiqués par Microsoft), vérifie la capacité du réseau interne et prévoit un test de charge silencieux si l’entreprise utilise un réseau de diffusion interne (eCDN). Elle gère aussi les droits d’accès : qui peut organiser, qui peut assister, invités externes ou non.

La communication interne

Elle porte le message et le contenu : sujets, messages clés, conducteur minute par minute, préparation des prises de parole, sélection des questions. Elle envoie l’invitation, relance, et prépare la suite : replay, extraits, relais par les managers.

Le prestataire de captation

Il assure la prise en charge de tout ce qui est image et son : caméras, micros, régie, habillage, enregistrement de secours, encodage et envoi des deux flux SRT. Notre service de captation d’événements fonctionne ainsi : un interlocuteur unique côté production, en lien direct avec la DSI et la communication.

Les prérequis à anticiper

Quelques points clés à régler plusieurs semaines avant la date :

  1. L’activation par l’administrateur : sans elle, l’option SRT n’apparaît pas dans les paramètres de l’événement.
  2. L’ouverture réseau depuis le lieu de tournage : si le town hall se tient dans un espace loué, la solution la plus sûre consiste à vérifier la ligne sur place et à prévoir une seconde connexion indépendante.
  3. La répétition générale dans les conditions réelles, avec un événement de test, les deux flux et une coupure volontaire du flux principal pour vérifier la bascule.
  4. Les licences : certaines fonctionnalités avancées, comme la traduction des sous-titres en direct vers un plus grand nombre de langues, relèvent de Teams Premium. Faites l’inventaire avec l’IT avant de promettre quoi que ce soit aux filiales.

Comment organiser un town hall produit : le déroulé type

Les étapes ci-dessous s’adaptent selon le besoin, mais l’ordre reste le même.

Trois à quatre semaines avant : cadrage des sujets, choix du lieu, repérage technique, activation SRT côté IT, accès transmis aux équipes.

La semaine précédente : conducteur validé, habillage livré, vidéos insérées finalisées, répétition des dirigeants et des intervenants.

La veille : installation, tests des deux flux, répétition générale avec bascule.

Le jour J : ouverture de la régie bien avant l’heure, compte à rebours à l’écran, enchaînement présentation, témoignage, tables rondes et questions-réponses, une durée tenue (souvent moins d’une heure pour maximiser l’impact), enregistrement de secours en local.

Après : replay publié, extraits courts pour ceux qui n’ont pas pu suivre, analyse des résultats (audience, questions posées, engagement des participants).

La logique est proche de celle d’une assemblée générale, que nous détaillons dans notre protocole de captation d’AG. Et si vous hésitez encore entre deux formats, notre comparatif webinaire ou live event aide à trancher.

L’expérience des employés, sur place et à distance

Un town hall produit ne se juge pas depuis la régie, mais depuis le lieu de travail de chaque participant : un open space, un atelier, une voiture. Quelques conseils améliorent nettement l’expérience :

  • un accès en un clic depuis le calendrier, sans formalité superflue ;
  • une diffusion dans les espaces collectifs des sites de production, avec un écran et un son corrects, pour les équipes sans poste de travail ;
  • une seule plateforme : si Teams est l’application du quotidien, inutile de renvoyer vers une autre page ;
  • des ressources publiées dans les jours qui suivent : présentation, réponses aux questions non traitées, informations complémentaires.

Un exemple fréquent : les équipes d’usine en horaires décalés. Pour elles, l’enregistrement et les extraits comptent plus que le direct, et c’est l’occasion de leur proposer de poser des questions à l’avance. Côté image, Teams Premium permet aussi d’appliquer un thème aux couleurs de l’entreprise sur les événements, ce qui renforce la cohérence entre l’habillage de la régie et l’interface.

Questions fréquentes

Faut-il Teams Premium pour utiliser le SRT ?

Lors de sa présentation, aucune licence spécifique n’était mentionnée pour l’entrée SRT, qui dépend d’un réglage activé par l’administrateur. Teams Premium ajoute d’autres fonctions utiles aux grands événements. Vérifiez la situation de votre plateforme avec votre DSI.

RTMP ou SRT : lequel utiliser ?

Pour un town hall d’entreprise à fort enjeu, le SRT avec flux de secours est la meilleure option dès qu’il est disponible. Le RTMP reste une solution de repli valable pour des événements plus simples, sans exigence de continuité.