Cas pratique

Trois semaines pour un concours : la vidéo d’un groupement de maîtrise d’œuvre

Un film de 3 minutes conforme au règlement de consultation, livré en 21 jours, pour un groupement candidat à un marché de conception-réalisation.

27 septembre 2026
Une maquette blanche d’équipement public éclairée par une lampe orange, filmée par une caméra sur trépied au milieu des plans

Un groupement réunissant une agence d’architecture, un bureau d’études techniques et une entreprise générale préparait sa réponse à un marché de conception-réalisation : un centre aquatique intercommunal. Le règlement de la consultation autorisait une vidéo de présentation, avec des règles strictes de durée et de format. Le groupement nous a contactés trois semaines avant la date limite de remise des offres. Ce cas pratique raconte comment nous avons produit un film de 3 minutes conforme au règlement, en 21 jours, sans jamais mettre en danger le reste du dossier. Le groupement et le projet sont anonymisés.

Le contexte : un jury qui reçoit beaucoup de dossiers

Un jury de conception-réalisation examine plusieurs offres volumineuses : mémoires techniques, planches graphiques, notes de méthodologie, plannings. Une vidéo bien faite peut offrir une porte d’entrée claire dans un projet complexe. Une vidéo mal faite, ou non conforme, peut au contraire agacer ou disqualifier une pièce du dossier.

Trois membres, trois cultures

L’architecte pense en espaces et en usages, le bureau d’études en flux, en énergie et en performances, l’entreprise en méthodes, en phasage et en délais. Le film devait donner la parole aux trois sans ressembler à trois films juxtaposés.

Un délai qui ne se négocie pas

La date de remise des offres ne bouge pas. Le planning vidéo devait s’insérer dans celui du groupement, déjà très chargé, sans mobiliser les équipes au moment où elles finalisaient les planches et le mémoire.

Première étape : lire le règlement de consultation

Avant toute idée créative, nous avons lu le règlement de consultation avec le mandataire du groupement. Une vidéo non conforme au règlement peut être écartée, quelle que soit sa qualité. Les points à vérifier :

  • la durée maximale (ici, 3 minutes, génériques compris) ;
  • le format de fichier, le codec, la résolution et le poids maximal ;
  • le mode de remise (plateforme de dématérialisation, support physique) ;
  • les éventuelles règles d’anonymat : certains concours interdisent tout visage ou nom identifiable, ce qui change entièrement l’écriture ;
  • la cohérence exigée avec les autres pièces : un chiffre ou une surface cités dans la vidéo doivent correspondre exactement au mémoire.

Dans ce cas, l’anonymat n’était pas requis : les interviews des membres du groupement étaient possibles.

Le dispositif

  • un film de présentation de 3 minutes, conforme au règlement ;
  • des séquences de motion design pour les principes du projet : flux, énergie, phasage ;
  • des interviews courtes du mandataire et de ses cotraitants ;
  • un graphisme cohérent avec les planches, réalisé avec notre studio graphique.

Le motion design pour rendre le projet lisible

Un centre aquatique est un bâtiment de flux. Nous avons animé trois principes. Les circulations : parcours pieds chaussés et pieds nus, accès des groupes et des clubs séparés du public, livraisons techniques. L’énergie : récupération de chaleur, enveloppe performante, traitement de l’air et de l’eau. Le phasage : installation de chantier, étapes de construction, mise en service. Le motion design permet de montrer en dix secondes ce qu’une planche explique en une page.

Des interviews courtes et précises

Chaque membre du groupement avait une question et environ trente secondes à l’écran. L’architecte parlait de l’usage et de la lumière, l’ingénieur de la performance énergétique, le directeur de travaux de la méthode et de la tenue des délais. Les trois réponses ont été préparées ensemble pour éviter les redites.

Un graphisme aligné sur les planches

Le jury voit les planches et la vidéo à la suite. La même palette, la même typographie, les mêmes pictogrammes et les mêmes perspectives devaient se retrouver dans les deux. Les images de synthèse de l’architecte ont été animées en léger mouvement de caméra, pour leur donner de la profondeur sans les dénaturer.

Le planning : 21 jours, cinq jalons

JalonÉtapeLivrable
J0Brief et lecture du règlementNote de cadrage, liste des contraintes
J5ScriptTexte, structure, choix des séquences
J10TournageInterviews, maquette, site du projet
J15AnimaticVersion montée avec animations provisoires
J21LivraisonFichier conforme, contrôle technique, dépôt test

J0 : le brief

Une réunion de deux heures avec les trois membres du groupement. Nous en sommes sortis avec les messages prioritaires, les documents disponibles (planches en cours, images de synthèse, notes techniques) et un référent unique chez le mandataire pour centraliser les retours. Un seul valideur, c’est la condition d’un délai de trois semaines.

J5 : le script

Le script tient sur une page. Chaque phrase est vérifiée au regard du mémoire technique : surfaces, performances, durées de chantier. Le texte de la voix off est chronométré pour garantir la durée maximale.

J10 : le tournage

Une journée : interviews dans l’agence d’architecture, plans de la maquette d’étude, et quelques plans du terrain d’implantation filmés à l’aube. Matériel léger, équipe de trois personnes, aucune perturbation pour les équipes qui finalisaient les planches dans la pièce voisine.

J15 : l’animatic

L’animatic assemble les interviews, la voix off provisoire et des animations simplifiées. C’est le moment de valider la structure et le fond, avant de finaliser les animations. Les retours ont été consolidés par le référent en une seule liste.

J21 : la livraison

Finalisation des animations, voix off définitive, mixage, étalonnage, sous-titres. Puis un contrôle technique systématique : durée exacte, format, codec, poids, nom du fichier conforme au règlement. Un dépôt test a été fait sur la plateforme avec le mandataire, deux jours avant la date limite.

La confidentialité pendant la production

Une offre en cours de consultation est confidentielle. Tous les documents du groupement ont transité par un espace de partage sécurisé, avec un accès limité aux personnes de l’équipe. Les fichiers de travail portaient un nom de code, jamais le nom de l’opération. Aucune image n’a été publiée, pas même en coulisses, et les rushes ont été conservés jusqu’à l’attribution du marché avant tout autre usage. Ces précautions sont simples, mais elles comptent pour un mandataire qui engage sa réputation sur la discrétion de ses prestataires.

Ce que le groupement en retient

Nous ne connaissons pas les délibérations du jury et nous ne prétendrons pas que la vidéo a fait la différence. Le groupement nous a surtout rapporté deux choses : le film a obligé les trois membres à s’accorder sur trois messages clairs, ce qui a nourri l’oral de présentation, et les séquences animées ont été réutilisées dans le support projeté pendant l’audition.

Ce qu’une équipe de maîtrise d’œuvre doit retenir

Le règlement d’abord

La conformité passe avant la créativité. Lisez le règlement avec votre producteur dès le premier jour.

Une vidéo qui prolonge les planches

Le jury doit reconnaître le projet d’un support à l’autre. Même graphisme, mêmes chiffres, mêmes images.

Anticiper la suite

Si le groupement est retenu, le film et les animations serviront à nouveau : réunions publiques, communication du maître d’ouvrage, et suivi de chantier avec un timelapse.

Questions fréquentes

Trois semaines, est-ce vraiment suffisant ?

Oui, pour un film de 3 minutes, à condition d’avoir un référent unique, des documents de projet disponibles et un tournage d’une seule journée. En dessous de deux semaines, il faut simplifier le dispositif.

Que faire si le concours impose l’anonymat ?

On retire les visages et les noms, on travaille sur la maquette, les images de synthèse, le motion design et une voix off neutre. Le film reste possible, mais il s’écrit différemment dès le départ.

Peut-on réutiliser la vidéo après le concours ?

Oui, après l’attribution et avec l’accord du maître d’ouvrage. Avant la décision, l’offre reste confidentielle et la vidéo ne doit pas être publiée.

Conclusion : un film au service du dossier

Une vidéo de concours n’est pas un film de marque. C’est une pièce du dossier, soumise aux mêmes exigences de conformité et de cohérence que les planches et le mémoire. Bien préparée, elle rend un projet complexe lisible en trois minutes. Pour un projet comparable, découvrez notre offre de motion design, notre studio graphique, nos films corporate, nos réalisations pour l’immobilier et la construction, ou parlons de votre projet.