Film de collecte de fin d’année pour une fondation : du terrain à la campagne de dons
Trois jours de terrain, un film de 90 secondes, des témoignages tournés avec dignité et des formats pour le digital et l’emailing : une campagne de fin d’année.
27 septembre 2026
Une fondation reconnue d’utilité publique, engagée dans la protection de l’enfance, préparait sa campagne de collecte de fin d’année. Les mois de novembre et décembre concentrent une grande partie des dons de l’année, et la fondation voulait renouveler ses images, jugées trop institutionnelles. La difficulté était évidente : les personnes accompagnées sont des enfants et des jeunes en situation de vulnérabilité. Ce cas pratique raconte comment nous avons construit un film de collecte qui touche sans jamais exposer, et toute la déclinaison qui va avec. La fondation est anonymisée ; aucun objectif ni résultat de collecte n’est cité.
Le contexte : une campagne courte, des récits sensibles
Un calendrier serré
Une campagne de fin d’année se prépare plusieurs mois à l’avance. Les premiers envois partent à la mi-novembre, les relances s’enchaînent jusqu’au 31 décembre. Le film, les photos et les formats courts devaient être prêts avant le premier envoi, validés par la direction générale et par les équipes de terrain.
Des bénéficiaires à protéger
Les enfants accompagnés par la fondation ne peuvent pas être identifiés. Certains sont placés, d’autres suivis dans leur famille, beaucoup ont une histoire qu’ils n’ont pas choisi de raconter. La dignité des personnes passe avant l’efficacité du message. C’est la règle qui a guidé chaque décision de tournage et de montage.
La charte éthique de l’image
Avant le moindre repérage, nous avons rédigé avec la fondation une charte éthique de l’image, validée par la direction et par les responsables des établissements. Ses principes :
- aucun enfant identifiable : ni visage, ni prénom, ni lieu reconnaissable, ni détail permettant de retrouver une personne ;
- aucune mise en scène misérabiliste : pas de larmes provoquées, pas de décor dégradé choisi pour émouvoir ;
- la parole est donnée en priorité à ceux qui peuvent la prendre librement : des jeunes majeurs anciennement accompagnés, des éducateurs, des familles d’accueil ;
- toute personne filmée peut relire et retirer sa participation jusqu’à la diffusion.
Le dispositif
- trois jours de tournage de terrain, dans deux établissements et une famille d’accueil ;
- un film de collecte de 90 secondes, pensé pour le digital, les réseaux et la page de don ;
- trois témoignages courts, d’une minute chacun ;
- des formats verticaux sous-titrés pour les réseaux sociaux ;
- des photos pour l’emailing, le courrier papier et la page de don ;
- des déclinaisons adaptées aux donateurs réguliers et aux grands donateurs.
Le déroulé de production
Les consentements
Pour les jeunes majeurs qui ont accepté de témoigner à visage découvert, le consentement a été recueilli après un échange approfondi, en présence d’un éducateur référent, avec un délai de réflexion. Pour les mineurs présents à l’image, toujours de manière non identifiable, l’accord a été recueilli auprès des titulaires de l’autorité parentale ou de l’autorité compétente selon la situation, et auprès de l’enfant lui-même. Les autorisations précisent les supports, les pays et la durée de diffusion. Notre grille juridique du droit à l’image détaille ces précautions.
Filmer sans identifier
Pour les enfants, nous avons travaillé avec des cadrages choisis : de dos, à contre-jour, les mains, une silhouette dans l’encadrement d’une porte. Les lieux ont été filmés sans signe distinctif, sans vue sur la rue ni plaque de rue. Quand un récit devait être raconté sans visage, la voix a été réenregistrée par une comédienne, avec l’accord de la personne concernée. Le floutage a été évité autant que possible : il abîme l’image et stigmatise la personne floutée.
Une équipe réduite et discrète
Trois personnes seulement sur le terrain : une réalisatrice formée à ce type de tournage, un cadreur, un preneur de son. Matériel léger, lumière douce, aucune installation lourde. Les éducateurs ont fixé les moments possibles et ceux où la caméra devait partir. Certains plans prévus n’ont pas été tournés, parce que ce n’était pas le bon jour pour les enfants. Savoir renoncer à un plan fait partie du métier.
La relecture par les équipes éducatives
Le premier montage a été relu par les responsables d’établissement et par les éducateurs présents lors du tournage. Leur regard est précieux : ils savent qu’un détail anodin pour nous, une écharpe, un dessin au mur, peut suffire à identifier un enfant dans son quartier. Deux plans ont été retirés à ce stade.
Le film de 90 secondes
Le film suit une journée dans une maison d’accueil, de l’aube au soir, portée par la voix d’une jeune femme accompagnée par la fondation pendant son adolescence. Pas de chiffres à l’écran, pas d’injonction culpabilisante : un récit, puis un appel clair à soutenir l’action. Sous-titres systématiques, car la plupart des vidéos sur les réseaux démarrent sans le son.
Les déclinaisons pour chaque canal et chaque donateur
Le même tournage a nourri toute la campagne :
- pour le digital : le film en tête de la page de don, des formats verticaux pour les réseaux, des extraits de dix à quinze secondes pour les publicités ;
- pour l’emailing : une image fixe cliquable qui ouvre le film, des photos pour chaque envoi du calendrier ;
- pour le courrier papier : une sélection de photos imprimables et un QR code vers le film ;
- pour les donateurs réguliers : une version qui remercie avant de solliciter, avec un témoignage d’éducateur ;
- pour les grands donateurs : une version plus longue, avec des images des projets menés dans l’année, présentée lors de rencontres individuelles.
Le calendrier de campagne
Les contenus ont été livrés par vagues, alignées sur le calendrier de la fondation : le film et les photos principales avant le premier envoi de novembre, les témoignages courts pour les relances de décembre, et une vidéo de remerciement tournée en complément pour janvier, destinée à tous les donateurs de la campagne.
Les livrables
| Livrable | Format | Usage |
|---|---|---|
| Film de collecte | 90 s, sous-titré | Page de don, réseaux, site |
| Témoignages courts | 3 × 1 min | Relances, réseaux, emailing |
| Formats verticaux | 6 × 15 à 30 s | Réseaux sociaux, publicités |
| Photos | Sélection pour chaque canal | Emailing, courrier, page de don |
| Version donateurs réguliers | Film et visuels | Programme de fidélisation |
| Version grands donateurs | Film long et images | Rencontres individuelles |
Ce que la fondation en retient
La fondation ne nous a pas demandé de communiquer ses résultats de collecte, et nous ne le ferons pas. Les retours rapportés portent sur la façon de travailler : les équipes éducatives, réticentes au départ, ont vu leurs règles respectées et ont proposé d’elles-mêmes de nouveaux lieux de tournage pour l’année suivante. Les jeunes qui ont témoigné ont reçu leur film avant tout le monde. Les images ont été reprises dans le rapport annuel et lors de l’assemblée générale.
Ce qu’une direction de la collecte doit retenir
Écrire la charte éthique avant le script
Les règles de l’image se fixent avec les équipes de terrain, avant la moindre idée créative. Elles protègent les personnes et rassurent tout le monde.
Donner la parole à ceux qui peuvent la prendre
Les jeunes majeurs, les éducateurs et les familles d’accueil racontent avec justesse ce que les enfants ne peuvent pas dire à l’écran.
Un tournage, toute une campagne
Pensez les déclinaisons dès le brief : chaque canal, chaque moment du calendrier et chaque type de donateur a besoin de son format.
Questions fréquentes
Peut-on faire un film de collecte sans montrer de visages ?
Oui. Cadrages de dos, mains, silhouettes, lieux, voix réenregistrées : ces choix donnent souvent des films plus forts, parce qu’ils laissent la place à l’imagination du spectateur.
Combien de temps faut-il pour préparer une campagne de fin d’année ?
Idéalement, le brief se fait avant l’été, le tournage en septembre ou début octobre, et la livraison fin octobre. Les consentements et les relectures prennent du temps, et c’est normal.
Faut-il un film différent pour les grands donateurs ?
Pas un autre tournage, mais un autre montage. Les grands donateurs attendent plus de contexte, des projets concrets et un lien personnel avec la fondation.
Conclusion : émouvoir sans exposer
Un film de collecte de fin d’année réussi tient en équilibre entre l’émotion et le respect. Une charte éthique claire, des consentements solides, une équipe discrète et des déclinaisons pensées pour chaque canal permettent de mobiliser les donateurs sans jamais trahir les personnes accompagnées. Pour un projet comparable, découvrez nos films et reportages de terrain, nos photographies, nos campagnes publicitaires, nos réalisations pour les fondations et l’économie sociale et solidaire, ou parlons de votre projet.
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