Rendre compte de l’action publique : le dispositif vidéo annuel d’une ville moyenne
Cas pratique Pantome : motion design, portraits d'agents, timelapses et carte des projets pour une ville de 60 000 habitants, en période préélectorale.
27 septembre 2026
Une ville d’environ 60 000 habitants faisait un constat que partagent beaucoup de collectivités : ce qu’elle fait au quotidien est mal connu. La propreté des rues, l’état civil, les crèches, les chantiers d’écoles passent inaperçus, ou sont attribués à l’agglomération ou au département. Le magazine municipal, distribué dans toutes les boîtes aux lettres, était peu lu, en particulier par les moins de quarante ans. La direction de la communication nous a confié un dispositif vidéo sur une année entière, avec une contrainte de taille : l’année précédait les élections municipales. Ce cas pratique détaille le plan éditorial, les formats produits et la façon dont nous avons travaillé dans le cadre strict de la communication préélectorale.
Le contexte : des services publics invisibles
La direction de la communication de la ville voulait montrer le service public tel qu’il fonctionne, avec les agents qui le font vivre. Trois objectifs ont été posés au cadrage :
- rendre visibles les services du quotidien, ceux que l’on remarque seulement quand ils manquent ;
- expliquer les projets en cours (écoles, voirie, équipements) à ceux qui en subissent les travaux ;
- toucher les habitants qui ne lisent plus le magazine papier, sur les réseaux sociaux et le site de la ville.
Le constat de départ imposait un ton : factuel, concret, centré sur les services. Le sujet de chaque vidéo est un service rendu aux habitants, pas une réalisation à mettre au crédit de quelqu’un. Cette ligne s’est révélée très utile quand la période préélectorale a commencé.
Le cadre contractuel : un accord-cadre à bons de commande
La ville a passé un accord-cadre à bons de commande après une mise en concurrence. Ce montage convient bien à un dispositif annuel : le plan éditorial fixe les grandes lignes, et chaque production est commandée au fil de l’année, au moment où elle devient pertinente. Un chantier qui prend du retard décale simplement le bon de commande correspondant.
Côté organisation, un chef de projet Pantome unique suivait l’ensemble des productions, avec un point mensuel avec la direction de la communication pour ajuster le calendrier.
Le plan éditorial annuel
Nous avons construit le plan éditorial en début d’année avec la direction de la communication, autour de cinq lignes.
Une série motion « chiffres du service public »
Chaque motion de 45 à 60 secondes prend un service et le raconte par ses chiffres : repas servis chaque jour dans les cantines, actes d’état civil délivrés, kilomètres de rues nettoyées, places en crèche, arbres plantés. Chaque chiffre vient du service concerné, avec sa date et sa source. Le format est court, rythmé, lisible sans le son grâce aux sous-titres. Il se prête à une diffusion régulière, environ un épisode par mois.
Huit portraits d’agents
Les portraits montrent le quotidien de ceux qui font le service public : un agent de propreté urbaine qui commence sa tournée avant l’aube, une officière d’état civil, une auxiliaire de puériculture, un jardinier des espaces verts, une bibliothécaire, un cuisinier de la restauration scolaire, un agent de la voirie, une éducatrice sportive. Chaque portrait dure environ une minute trente, avec une version verticale de 40 secondes.
Une carte des projets
Une carte de la ville en motion design situe les projets en cours et à venir. Elle a été déclinée en version interactive sur le site de la ville : chaque point ouvre une fiche avec une courte séquence vidéo et des photos du projet.
Deux timelapses de chantiers municipaux
Deux chantiers ont été suivis en timelapse : la construction d’un groupe scolaire et la rénovation d’une place du centre. Des caméras autonomes ont été installées pour toute la durée des travaux, avec des visites régulières pour la maintenance.
Une banque photo
Chaque journée de tournage produisait aussi des photos, classées par service et par projet, avec les autorisations associées. La ville les utilise pour le magazine, le site et les supports d’information.
Respecter la période préélectorale
L’article L52-1 du Code électoral interdit, dans les six mois qui précèdent le premier jour du mois de l’élection, toute campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d’une collectivité sur son territoire. La communication institutionnelle continue, mais elle doit rester informative, neutre et dans la continuité de ce qui se faisait avant. Le service juridique de la ville a défini le cadre ; nous l’avons appliqué à chaque production.
Les règles que nous avons suivies
- Aucun élu à l’image ni en voix pendant la période, que ce soit dans les motion, les portraits ou les timelapses.
- Pas de ton de bilan ni de superlatif : les vidéos décrivent un service ou un projet, elles ne l’évaluent pas.
- Des chiffres datés et sourcés, sans comparaison avec les années précédentes qui pourrait se lire comme un bilan de mandat.
- Aucun nouveau format lancé pendant la période : la série motion et les portraits avaient commencé bien avant, et leur rythme de publication est resté le même.
- Aucune diffusion sponsorisée des vidéos sur les réseaux sociaux pendant la période.
Certains contenus ont été décalés. Le film sur l’ouverture du groupe scolaire, prévu à l’origine au moment de l’inauguration, a été reporté après le scrutin. Le timelapse, lui, a continué d’enregistrer le chantier : seule sa diffusion a attendu.
Une double validation : cabinet et direction générale
Chaque production suivait le même circuit : relecture par le service concerné, puis par la direction de la communication, puis une validation conjointe du cabinet du maire et de la direction générale des services. Les deux regards sont complémentaires. La direction générale vérifie l’exactitude administrative et la neutralité. Le cabinet repère les sensibilités politiques qu’un prestataire ne peut pas connaître.
Ce circuit demande du temps. Nous avons réservé dans le calendrier un créneau de validation fixe chaque mois, ce qui a évité les relectures au fil de l’eau qui s’étirent sur des semaines.
La production : une équipe légère et des tournages groupés
Pour limiter le dérangement des services, nous avons groupé les tournages. Une journée type couvrait deux portraits, les images d’illustration de deux motion et une série de photos. L’équipe comptait deux personnes : un réalisateur-cadreur et un ingénieur du son, qui assurait aussi la photo.
Certains services demandent des précautions particulières :
- à l’état civil, aucun usager n’a été filmé sans son accord, et aucun document n’est lisible à l’image ;
- en crèche, les enfants ne sont pas identifiables : nous avons filmé les mains, les jeux, les silhouettes, avec l’accord des familles et de la direction de l’établissement ;
- pour la propreté urbaine, le tournage a commencé à 5 heures, au rythme réel de la tournée, sans demander de refaire un geste pour la caméra.
Chaque agent filmé a signé une autorisation de droit à l’image précisant les usages et la durée. Notre grille juridique sur les droits à l’image détaille ce point.
Les livrables de l’année
- Une dizaine de motion « chiffres du service public », sous-titrés, en versions 16:9 et verticale.
- Huit portraits d’agents, avec leurs déclinaisons verticales.
- Une carte des projets en motion design et ses séquences pour la version interactive.
- Deux timelapses de chantiers, avec un film court pour chacun.
- Une banque photo classée par service.
Toutes les vidéos ont été livrées avec sous-titres et transcription, pour répondre aux obligations d’accessibilité des contenus publics.
Ce qu’une direction communication doit retenir
Lancer les formats récurrents bien avant la période sensible
La continuité est l’un des critères regardés pour apprécier une communication en période préélectorale. Un format installé depuis des mois peut continuer ; un format lancé trois mois avant le scrutin pose question.
Faire parler les services, pas les élus
Des agents qui racontent leur métier incarnent le service public mieux que n’importe quelle prise de parole politique. Ce choix sécurise aussi la communication quand le calendrier électoral se resserre.
Documenter chaque chiffre
Un chiffre non sourcé fragilise toute la série. Une fiche source par motion, archivée avec le projet, permet de répondre à n’importe quelle question.
Questions fréquentes
Peut-on continuer à publier des vidéos pendant la période préélectorale ?
Oui, si la communication reste informative, neutre et habituelle. Le service juridique de la collectivité doit valider le cadre, et chaque contenu doit être relu à cette aune. En cas de doute, reporter la diffusion après le scrutin reste la solution la plus simple.
Faut-il filmer les élus hors période électorale ?
C’est un choix de la collectivité. Dans un dispositif annuel, nous recommandons de centrer les formats récurrents sur les services et de réserver la parole des élus à des formats identifiés, comme les vœux ou la présentation d’un grand projet.
Conclusion : un service public que l’on voit enfin
Rendre compte de l’action publique en vidéo demande un plan éditorial tenu sur l’année, des formats récurrents installés tôt, une grande rigueur sur les chiffres et un respect scrupuleux du calendrier électoral. Pour un dispositif comparable, découvrez notre offre de motion design et de vidéo corporate, notre page dédiée aux collectivités et services publics, ou contactez l’équipe.
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