Cas pratique

Filmer une biotech en salle blanche : le film institutionnel d’une startup

Cas pratique Pantome : film institutionnel, portraits de chercheurs et motion design pour une biotech de thérapie cellulaire, tournés en salle blanche.

27 septembre 2026
Équipe de tournage en combinaison de salle blanche filmant des chercheurs dans un laboratoire

Une biotech d’une soixantaine de personnes, spécialisée en thérapie cellulaire, préparait deux échéances : une levée de fonds et une vague de recrutements sur des profils rares, ingénieurs procédés, techniciens de production et spécialistes du contrôle qualité. Elle n’avait aucune image de ses laboratoires, seulement des schémas de présentation et des photos d’illustration achetées en ligne. La direction nous a confié son film institutionnel, avec une difficulté de taille : une partie du tournage devait se dérouler en zone à atmosphère contrôlée. Ce cas pratique détaille le protocole que nous avons suivi avec le responsable qualité, la façon dont nous avons protégé la confidentialité, et le travail mené avec des chercheurs peu habitués à la caméra.

Le contexte : montrer une science que personne ne voit

La thérapie cellulaire consiste à prélever, modifier ou multiplier des cellules, puis à les administrer au patient. Pour un investisseur comme pour un candidat, c’est un domaine abstrait. Les étapes se déroulent dans des enceintes fermées, sous des hottes, dans des incubateurs. Et les personnes qui les réalisent portent une tenue qui masque presque tout le visage.

La direction voulait un film qui montre trois choses : la réalité des installations, la compétence des équipes et la logique scientifique du projet, sans jamais promettre de résultat thérapeutique. Un film pour une biotech dont les candidats médicaments sont en développement n’est pas un film publicitaire : il présente une entreprise, pas l’efficacité d’un traitement.

Les trois contraintes du projet

La zone à atmosphère contrôlée

Une salle blanche est classée selon le nombre de particules qu’elle tolère dans l’air. Chaque personne et chaque objet qui y entre est une source potentielle de contamination. La règle fixée par le responsable qualité était simple : le tournage ne devait avoir aucun impact sur la production, ni sur les lots en cours, ni sur la qualification des salles.

La confidentialité

Une biotech protège ses procédés, ses données et son portefeuille de brevets. Des écrans allumés, un cahier de laboratoire ouvert, une étiquette de lot ou un tableau blanc peuvent révéler des informations sensibles. Aucune donnée de patient ne devait apparaître, même floutée.

Des chercheurs peu à l’aise face caméra

Les chercheurs que la direction voulait mettre en avant parlent avec précision de leur travail, mais rarement devant un objectif. La plupart craignaient de simplifier au point de dire quelque chose de faux, ou de paraître raides.

Le dispositif

  • Un film institutionnel de 2 minutes 30, qui suit le parcours d’une cellule dans l’entreprise, du laboratoire de recherche à la production.
  • Quatre portraits de chercheurs et d’ingénieurs d’environ une minute.
  • Des séquences de motion design pour expliquer le mode d’action de la plateforme sans montrer d’information confidentielle.
  • Une série de photos de laboratoire et d’équipe, pour le site, les dossiers de levée et les offres d’emploi.
  • Deux versions du film : l’une pour les investisseurs, centrée sur la plateforme et la stratégie, sous-titrée en anglais ; l’autre pour le recrutement, centrée sur les métiers et la culture d’équipe.

Le déroulé de production

Le repérage avec le responsable qualité

Nous avons commencé par une demi-journée de repérage avec le responsable qualité et le responsable des opérations. Hors zone contrôlée d’abord : laboratoires de recherche, salles de contrôle qualité, bureaux. Puis devant les vitrages des salles blanches, depuis les couloirs techniques. Ce repérage a permis de lister les plans possibles, les plans interdits, et les plans réalisables depuis l’extérieur à travers les vitres.

Trois décisions sont sorties de ce repérage. Les séquences en salle blanche seraient tournées pendant un arrêt programmé, avant le nettoyage et la remise en service de la zone. Les gestes de production seraient réalisés en simulation, avec des contenants vides. Et une partie des plans serait tournée depuis les couloirs, à travers les vitrages, ce qui évite toute entrée de matériel.

Le protocole d’entrée en salle blanche

Le protocole a été écrit avec le responsable qualité avant le tournage :

  • une équipe de deux personnes seulement, un réalisateur-cadreur et un assistant, formés à l’habillage par l’équipe qualité la veille ;
  • un matériel réduit au strict minimum : une caméra compacte, deux optiques, un stabilisateur, des batteries, aucun sac en tissu ni carton ;
  • chaque élément listé, nettoyé selon la procédure du site puis introduit par le sas matériel ;
  • un temps de présence limité et planifié à l’avance, plan par plan ;
  • pas de prise de son en zone : le bruit du traitement d’air rend le son inutilisable, et les interviews ont été tournées à l’extérieur.

L’éclairage des salles blanches est puissant et homogène. Nous n’avons ajouté aucune lumière, et travaillé l’ambiance en post-production. Ce protocole a été validé par écrit avant le premier jour de tournage, et le responsable qualité était présent pendant toutes les prises en zone.

Masquer sans tricher

Avant chaque prise, nous avons fait le tour du champ avec un membre de l’équipe : écrans basculés sur un contenu neutre préparé par le service informatique, cahiers fermés, étiquettes retournées, tableaux effacés. En post-production, un contrôle image par image a vérifié qu’aucune information sensible ne restait lisible, y compris dans les reflets des vitrages. Nous n’avons rien mis en scène qui ne corresponde pas à une étape réelle du procédé.

Des interviews en conversation

Pour les chercheurs, nous avons remplacé l’interview classique par une conversation. Les thèmes étaient envoyés à l’avance, mais pas les questions exactes. Nous commençons toujours par ce qu’ils font concrètement le matin en arrivant, avant d’aborder le sens de leur travail. Nous tournons plusieurs fois les réponses importantes, sans pression, jusqu’à ce que la personne soit satisfaite de sa formulation. Notre article sur la direction des non-acteurs détaille cette approche.

Le motion design et la validation scientifique

Le motion design porte l’explication scientifique : une cellule prélevée, modifiée, multipliée, contrôlée, puis administrée. Le directeur scientifique a validé le storyboard, puis chaque étape de l’animation. La question qui revenait était toujours la même : jusqu’où simplifier sans rendre faux ? Nous avons retenu une règle : chaque image peut être schématique, aucune ne doit être inexacte.

Les affaires réglementaires ont relu le script final. Aucune allégation d’efficacité ni de sécurité n’apparaît sur les candidats en développement, et les essais cliniques sont évoqués de façon factuelle, sans résultat.

Les livrables

  • Un film institutionnel de 2 minutes 30, en version investisseurs sous-titrée en anglais et en version recrutement.
  • Quatre portraits de chercheurs et d’ingénieurs.
  • Les séquences de motion design, réutilisables dans les présentations.
  • Une série de photos de laboratoire et d’équipe.
  • Des formats courts verticaux tirés des portraits, pour LinkedIn et la page carrières.

Ce qu’une direction communication doit retenir

Le responsable qualité est le premier interlocuteur

Dans un environnement contrôlé, le calendrier et le protocole se décident avec la qualité avant de se décider avec la communication. L’impliquer dès le repérage évite les refus de dernière minute.

Préparer la confidentialité, puis la vérifier

La préparation du champ avant chaque prise et le contrôle image par image après le montage sont deux étapes distinctes. L’une ne remplace pas l’autre.

Simplifier sans rendre faux

La vulgarisation scientifique en motion design fonctionne quand le scientifique valide chaque étape. C’est plus long, mais c’est la condition pour que les chercheurs de l’entreprise soient fiers du film.

Questions fréquentes

Faut-il arrêter la production pour filmer en salle blanche ?

Pas nécessairement, mais c’est la solution la plus sûre. Un arrêt programmé, une simulation avec des contenants vides ou des plans tournés à travers les vitrages permettent de montrer la salle sans prendre de risque sur les lots.

Le film peut-il servir à l’international ?

Oui. Nous livrons des versions sous-titrées dans les langues utiles, et le motion design est conçu sans texte incrusté pour être adapté facilement. Pour les congrès et les investisseurs étrangers, une voix off en anglais peut compléter.

Conclusion : rendre visible une science invisible

Filmer une biotech demande un protocole écrit avec la qualité, une vigilance constante sur la confidentialité et une vraie patience avec des chercheurs qui ne sont pas des orateurs. Le résultat donne un visage à une entreprise qui travaille derrière des vitres. Pour un projet comparable, découvrez notre offre de vidéo corporate, de motion design et de photographie, notre page dédiée à la santé et aux biotechnologies, ou contactez l’équipe.